Votre agence web ne répond plus, le téléphone sonne dans le vide et vous n’avez aucun accès à votre site ? Avant de paniquer, retenez l’ordre : d’abord vérifier que le site et vos mails tournent encore, ensuite identifier qui détient le nom de domaine, enfin remonter jusqu’à l’hébergeur. Dans cet ordre, parce que chaque étape débloque la suivante.
Je vois ce cas régulièrement, souvent chez des artisans qui m’appellent un lundi matin parce que le site affiche une page blanche ou que les mails ne partent plus. Je vais être honnête avec vous : dans la grande majorité des cas, ça se récupère. Mais il faut agir dans le bon sens, et pas en envoyant dix mails à une adresse qui n’existe plus.
Agence web fermée : le site est-il vraiment bloqué ?
Un site “bloqué” recouvre trois situations très différentes, et il faut savoir laquelle est la vôtre avant de bouger.
- Le site fonctionne, mais vous ne pouvez plus rien modifier. C’est le cas le plus courant. Vous n’avez pas les identifiants d’administration, ou l’agence est la seule à les avoir. Rien d’urgent à court terme, mais la bombe à retardement, c’est le renouvellement.
- Le site affiche une erreur ou une page d’hébergeur. L’hébergement a probablement été suspendu pour impayé, ou le serveur de l’agence est éteint. Là, chaque jour compte.
- Le site ne répond plus du tout, et vos mails non plus. Le nom de domaine a sans doute expiré ou été suspendu. C’est le scénario le plus grave, mais pas toujours irréversible.
Tapez l’adresse de votre site dans un navigateur privé, puis envoyez-vous un mail depuis une autre adresse vers votre adresse professionnelle. Deux minutes, et vous savez dans quelle situation vous êtes.
Première urgence : sauver ce qui existe encore
Votre carnet est plein ? C’est justement le bon moment pour ne pas perdre vos demandes de devis. Si votre adresse mail professionnelle est attachée au domaine de l’agence ou à un serveur qu’elle gérait, créez dès aujourd’hui une adresse de secours (Gmail ou autre) et prévenez vos clients du changement. Ce n’est pas élégant, mais ça évite de perdre un chantier parce qu’un mail est parti dans le vide.
Ensuite, faites une copie de ce qui est encore visible : captures d’écran de chaque page, textes copiés dans un document, photos enregistrées depuis le site. Si le site tourne encore, vous avez peut-être quelques semaines devant vous, pas plus. J’ai détaillé comment dans un guide à part.
Qui détient votre nom de domaine ?
C’est la question qui décide de tout. Le nom de domaine (votre adresse en .fr ou .com) est enregistré chez un bureau d’enregistrement, au nom d’un titulaire. Si le titulaire, c’est vous, vous gardez la main même si l’agence a disparu. Si c’est l’agence, il faudra passer par une démarche de transfert.
Pour le savoir, cherchez votre domaine dans le WHOIS : celui de l’AFNIC pour un .fr, celui de l’ICANN pour les autres extensions. Notez trois informations : le titulaire, le bureau d’enregistrement et la date d’expiration. Si l’expiration tombe dans les semaines qui viennent, c’est votre priorité absolue, avant toute autre démarche. Un domaine expiré peut être racheté par n’importe qui.
Le détail de cette vérification, et ce que vous pouvez faire selon le résultat, est dans mon guide sur savoir à qui appartient votre site.
Remonter jusqu’à l’hébergeur
L’hébergement, c’est le serveur où vivent vos fichiers et votre base de données. Pour le trouver quand personne ne vous le dit, il existe deux pistes simples.
Première piste : vos vieux mails. Cherchez dans votre boîte les factures, les mails de bienvenue, les messages “votre site est en ligne”. Un nom d’hébergeur y figure presque toujours (OVH, o2switch, IONOS, Hostinger, Cloudflare ou un autre). Seconde piste : des outils publics en ligne permettent de voir chez qui pointe un nom de domaine, ce qui donne au moins le nom de l’hébergeur.
Une fois l’hébergeur identifié, écrivez-lui directement avec vos preuves : une facture, votre SIRET, un échange de mails avec l’agence. Les hébergeurs français ont l’habitude de ces dossiers d’agences disparues. Ils ne vous donneront pas un accès sur simple demande, mais ils vous expliqueront la procédure. Si l’agence refuse activement de coopérer plutôt que d’avoir disparu, c’est un autre cas, traité dans .
L’agence est fermée : liquidation ou simple arrêt ?
Cherchez le SIRET de l’agence sur Infogreffe ou sur societe.com. Deux situations possibles, avec deux interlocuteurs différents.
Si l’entreprise est simplement radiée ou en sommeil, c’est le gérant que vous devez joindre, par un courrier recommandé à l’adresse du siège. Beaucoup de petits gérants répondent à un courrier officiel alors qu’ils ne décrochent plus au téléphone.
Si une liquidation judiciaire est ouverte, un liquidateur est désigné par le tribunal de commerce. Écrivez-lui avec vos preuves de paiement. Il traite d’abord les dossiers financiers, donc un simple transfert de domaine sans enjeu d’argent passe en général après, mais il finit par se régler.
Pour le plan complet côté domaine et hébergement quand l’agence a fermé, je l’ai écrit dans l’article agence web fermée : que faire. Ici, on se concentre sur l’ordre dans lequel tout débloquer.

Vos mails professionnels : le point que tout le monde oublie
Quand l’agence gérait votre site, elle gérait souvent aussi vos adresses [email protected]. Si le domaine ou le serveur de messagerie tombe, vos mails tombent avec. Et un mail qui rebondit, c’est un client qui pense que vous avez fermé.
La bonne nouvelle : migrer des adresses mail est plus simple que migrer un site. Une fois le domaine récupéré, on peut recréer vos adresses chez un autre fournisseur en quelques heures. Le piège, c’est l’historique : si l’ancien serveur est éteint, les anciens mails sont perdus. D’où l’intérêt de tout exporter tant que ça marche encore. Le détail est dans .
Combien de temps ça prend, et que prévoir ?
Je ne vais pas vous mentir : ça prend du temps. Comptez quelques semaines quand le domaine est à votre nom et que l’agence a simplement arrêté, deux à trois mois quand un liquidateur est impliqué. Si le domaine est à votre nom et que l’hébergeur coopère, ça peut aller en quelques jours.
Pendant ce temps, ne laissez pas votre activité en suspens. Deux options en parallèle : récupérer l’existant, ou repartir de zéro. Si vous avez pu récupérer le contenu de votre ancien site, vous gagnez du temps sur les textes et les photos. Sinon, une refonte de votre site internet sur un domaine enfin à votre nom reste souvent plus rapide que d’attendre un dossier qui traîne.
Ne plus jamais dépendre d’un seul prestataire
Trois réflexes, quel que soit le prochain prestataire.
- Le domaine à votre nom. Vous êtes le titulaire, l’agence est au plus contact technique.
- Les accès dans votre coffre. Identifiants d’hébergement et d’administration remis à la livraison, pas le jour où ça casse.
- Un contrat clair sur la sortie. Ce qui vous est rendu, sous quel délai, à quel prix.
Avant de signer, posez les questions à poser avant de signer avec une agence. Et si vous avez déjà un contrat de maintenance de site internet en cours, relisez ce qu’il dit sur la sortie. Chez moi, c’est simple : un seul interlocuteur du début à la fin, tarifs affichés, sans engagement, et vos accès vous appartiennent dès le premier jour.
Si vous êtes dans cette situation maintenant et que vous ne savez pas par où commencer, écrivez-moi : on regarde ensemble votre domaine et votre hébergeur, c’est une vérification de quelques minutes.