10 questions à poser avant de signer avec une agence web
La plupart des artisans qui me contactent après une mauvaise expérience me racontent la même histoire. Ils ont choisi leur agence web sur le prix ou sur un beau portfolio, signé sans trop poser de questions — et six mois plus tard, le nom de domaine appartient à l’agence, le site ne remonte nulle part sur Google, et personne ne répond plus au téléphone.
Ces 10 questions, ce sont celles à poser avant de signer. Pas des questions pièges — des questions normales, que tout prestataire sérieux répond sans hésiter. Ce qui compte autant que les questions, c’est la réponse. Parce que la façon dont une agence répond à ces 10 points vous dit l’essentiel sur la façon dont elle va travailler avec vous.
Je vais être honnête : certaines de ces questions, je les ai vues trop tard, chez des clients qui arrivaient après une grande agence. Autant vous en faire profiter maintenant.
1. Qui va concrètement travailler sur mon site ?
Pas “votre équipe”. La personne. Son prénom, son parcours, un exemple de ce qu’elle a fait.
Beaucoup d’agences — surtout les structures moyennes — sous-traitent une partie du développement à des freelances ou à des équipes offshore. Ce n’est pas nécessairement un problème, mais vous méritez de le savoir avant de signer, pas en cours de projet quand la communication devient compliquée. Une bonne réponse ressemble à : “C’est moi qui code, j’ai 8 ans d’expérience sur WordPress, voici des sites similaires que j’ai faits.”
Une réponse floue — “nos experts”, “notre équipe de développeurs”, discours de brochure sans visage — mérite une relance directe : “Oui, mais qui exactement ?“
2. Pouvez-vous me montrer des sites que vous avez créés pour des artisans ou des TPE ?
Un portfolio d’agence web ça se lit, ça ne se regarde pas. Les captures d’écran, les maquettes Figma, les “projets en cours” — passez. Ce qui compte, ce sont des URLs de sites en ligne, rapides, avec un vrai client derrière.

Et si possible des sites dans votre secteur ou dans un secteur similaire. Créer un site pour un carreleur ou un couvreur, ça ne s’improvise pas — les textes sur les certifications, les zones d’intervention, les appels à l’action pour un devis — c’est un travail différent de celui d’une boutique e-commerce ou d’un cabinet d’avocats.
3. À qui appartient le nom de domaine ?
C’est le piège classique. L’agence enregistre le nom de domaine (votreentreprise.fr) à son nom ou sur son compte registrar. Vous payez, vous utilisez, mais c’est elle qui a les accès.
La bonne réponse : le domaine est enregistré à votre nom, avec vos coordonnées, et vous avez les accès. La mauvaise : “On s’en occupe pour vous” sans vous donner les identifiants. Si vous changez d’agence ou si l’agence ferme, vous pouvez vous retrouver à devoir racheter votre propre adresse web — ou en changer.
Demandez une capture d’écran du registrar avec votre nom dessus avant de signer.
4. Que se passe-t-il si je veux partir dans 2 ans ?
Une agence sérieuse n’a aucune raison d’hésiter à répondre à cette question. La bonne réponse : “Vous récupérez les fichiers sources, tous les accès, et vous pouvez les confier à qui vous voulez.”
La mauvaise réponse : flou, migration facturée très cher, CMS propriétaire que personne d’autre ne peut reprendre, ou “on verra à ce moment-là.” Ce type de réponse est une alarme. Ça veut dire que le business model de l’agence repose en partie sur votre difficulté à partir — pas sur la qualité de son travail.
La liberté de changer de prestataire n’est pas une marque de méfiance, c’est une condition normale dans tout contrat de prestation.
5. Qu’est-ce qui n’est pas inclus dans ce devis ?
Cette question, posez-la mot pour mot. Les dépassements de budget arrivent presque toujours sur des lignes non listées : textes à rédiger, photos à fournir, hébergement annuel, modifications après livraison, formation au back-office.
La bonne réponse est une liste claire de ce qui est hors périmètre. La mauvaise réponse : “Tout est inclus” sans détail — ou un devis qui ne liste que des livrables vagues comme “site web 5 pages” sans rien d’autre.
Avant de signer, il vaut mieux savoir comment lire un devis de création de site dans le détail — la différence entre un forfait complet et un prix d’appel se voit souvent dans les lignes que personne ne mentionne.
6. Comment le site va-t-il remonter sur Google ?
C’est la question qui trie le mieux les bons des mauvais prestataires. La bonne réponse implique des éléments concrets : structure technique du site, vitesse de chargement, textes optimisés sur les bons mots-clés, et — surtout — aucune garantie de position.
La mauvaise réponse : “On garantit le top 3”, “On a un outil SEO très puissant”, ou un discours sur les algorithmes sans aucun exemple chiffré. Personne ne peut garantir une position sur Google. Quiconque vous le promet vous ment, ou vous vend quelque chose que vous ne recevrez pas.
Ce que je trouve souvent quand j’arrive après une grande agence, c’est un site techniquement correct mais sans aucun travail de fond sur les textes ou la structure — les pages existent mais Google ne les indexe pas pour les bonnes requêtes. La question sur le SEO, avant de signer, permet d’éviter exactement ça.
7. Comment fonctionnent les modifications après la livraison ?
Vous allez avoir des retouches à faire après la mise en ligne. C’est normal — vous n’aviez peut-être pas pensé à ajouter une page, les tarifs changent, une photo est à remplacer. La question, c’est combien ça coûte.
La bonne réponse : un tarif clair, soit à l’heure (en général 60-100 €/h pour un bon freelance, plus pour une agence avec overheads), soit un forfait mensuel optionnel avec ce qu’il inclut. La mauvaise réponse : “on vous appellera à ce moment-là” sans engagement. Ce que ça révèle : vous allez vous retrouver avec une facture surprise ou, pire, avec une agence qui prend 3 semaines à répondre parce que votre modification n’est pas assez rentable pour être prioritaire.
8. Quel est votre délai de réponse quand j’ai un problème ?
“On est toujours disponibles” — ça ne veut rien dire. La bonne réponse : un engagement précis. “Je réponds aux mails sous 24h ouvrées”, “Pour les urgences, voici mon numéro de téléphone”, “Je travaille du lundi au vendredi de 9h à 18h.”
Quand votre site tombe un lundi matin et que vos clients ne peuvent plus vous appeler depuis votre page de contact, “toujours disponibles” c’est souvent “on vous répond d’ici 72h.” Vérifiez aussi que l’interlocuteur après la livraison est le même que celui qui a signé avec vous — dans certaines structures, la vente et la maintenance sont deux équipes différentes.
9. En combien de temps le site sera-t-il en ligne ?
Un prestataire qui a l’habitude donne une fourchette réaliste : 4 à 8 semaines pour un site vitrine standard, selon la rapidité des retours de votre côté. Ceux qui promettent “2 semaines” sur un projet complet arrivent presque toujours plus tard. Ceux qui répondent “ça dépend” sans borne concrète n’ont pas encore planifié votre projet.
Demandez aussi ce qui se passe en cas de retard de leur côté. La bonne réponse : une clause dans le contrat ou à minima un engagement oral clair. Un retard sur 3 semaines peut vous coûter cher si vous aviez prévu une campagne ou une ouverture.
10. Pouvez-vous me donner 2 contacts de clients que je peux appeler ?
C’est la question finale, et la plus simple. Une agence qui a fait du bon travail donne des références sans hésiter. Ceux qui rechignent — “on a des avis sur Google”, “nos clients préfèrent rester confidentiels” — ont généralement une raison de ne pas vous mettre en contact avec leurs anciens clients.
Appelez vraiment. Pas pour piéger l’agence — pour vous rassurer. Les 5 minutes de conversation avec un boulanger ou un menuisier qui a déjà travaillé avec eux vont vous dire ce que 45 minutes de réunion de vente ne vous diront pas.
Ces 10 questions ne garantissent pas le bon choix — rien ne le garantit. Mais elles font le tri entre un prestataire qui a des choses à cacher et un prestataire qui a l’habitude de répondre clairement à ses clients. La différence entre agence nationale et freelance local se joue souvent sur ces détails-là : la transparence sur le fonctionnement, la clarté sur les engagements, et la capacité à parler de ce qui se passe quand ça se passe mal.
Si vous cherchez à créer un site vitrine à Brest, je réponds à ces 10 questions en rendez-vous, sans engagement. Et si ma réponse à l’une d’elles ne vous convient pas, vous aurez au moins eu une conversation honnête.