Une refonte de site internet sans perdre son référencement, c’est tout à fait possible. Mais c’est le sujet que personne n’explique aux artisans. On vous parle du design, des couleurs, du nouveau logo. Et trois semaines après la mise en ligne, le téléphone sonne moins, parce que Google ne retrouve plus vos pages.

Je vais être honnête avec vous : un site refait à neuf peut très bien disparaître de Google. J’ai vu des sites magnifiques perdre la moitié de leurs visites en un mois. La cause est presque toujours la même, et elle tient en un mot : les adresses.

Pourquoi un site neuf peut disparaître de Google

Google ne connaît pas votre site « en général ». Il connaît des adresses précises, une par page : votre-site.fr/couvreur-brest/, votre-site.fr/contact/, etc. À chacune, il a associé une réputation : des liens qui pointent vers elle, un historique, des recherches pour lesquelles elle apparaît.

Quand on refait le site, les adresses changent souvent sans que personne n’y pense. /couvreur-brest/ devient /nos-services/toiture/. L’ancienne adresse répond alors « page introuvable » (l’erreur 404). Pour Google, la page a disparu, et avec elle tout ce qu’elle avait accumulé.

Les causes les plus fréquentes d’une perte de trafic après refonte :

  • Des adresses modifiées sans redirection.
  • Des pages qui rankaient et qui ont été supprimées « parce qu’elles ne servaient à rien ».
  • Des textes réécrits de zéro, qui ne contiennent plus les mots que les gens tapent.
  • Un site laissé en « interdit aux moteurs de recherche » après les tests (ça arrive plus souvent qu’on ne le croit).
  • Un site neuf plus lent ou plus lourd que l’ancien.

Si votre site n’apparaît déjà pas bien, lisez d’abord pourquoi votre site n’apparaît pas sur Google : ce n’est pas toujours une question de refonte.

Avant de toucher à quoi que ce soit : l’inventaire

Le plus gros du travail se fait avant la refonte. Comptez une demi-journée, et c’est la demi-journée la mieux payée du projet.

Lister les pages qui comptent

Ouvrez la Search Console de Google (gratuite) et regardez, sur les 12 derniers mois, quelles pages reçoivent des impressions et des clics. Si vous n’y avez pas accès, la Search Console expliquée aux artisans montre comment la mettre en place. Notez les 10 à 30 pages qui ressortent. Ce sont vos pages à protéger.

Ajoutez-y :

  • Les pages qui reçoivent des liens d’autres sites (annuaire, article de presse locale, site d’un fournisseur).
  • Les pages qui génèrent des appels ou des demandes de devis, même si elles ont peu de visites.

Faire une copie de l’existant

Avant la mise en ligne, gardez une trace de l’ancien site :

  1. La liste complète des adresses (un export du plan du site suffit, ou simplement un tableau avec une colonne par adresse).
  2. Les titres et descriptions des pages importantes.
  3. Les textes qui fonctionnent bien. Si une page rank en page 2 de Google, ne la réécrivez pas à l’aveugle.

C’est aussi ce que détaille la checklist de ce qu’il faut récupérer avant de tout casser, à parcourir avant de signer quoi que ce soit.

Les redirections 301, le cœur de la méthode

Une redirection 301, c’est un panneau « déménagement » posé à l’ancienne adresse : « cette page est maintenant ici ». Le visiteur est envoyé automatiquement vers la nouvelle page. Et Google comprend que la réputation de l’ancienne adresse doit être transférée à la nouvelle.

Sans cela, vous repartez de zéro sur chaque page.

Comment les préparer

Faites un tableau à deux colonnes :

Ancienne adresseNouvelle adresse
/couvreur-brest//services/toiture/
/contact.html/contact/
/realisations-2019//realisations/

Les règles à respecter :

  • Une ancienne page, une nouvelle page équivalente. Rediriger tout vers la page d’accueil est la pire solution : Google la traite comme une erreur.
  • Gardez les mêmes adresses quand c’est possible. La meilleure redirection est celle dont on n’a pas besoin. Si /contact/ existait et existe toujours, ne touchez à rien.
  • Pas de chaîne. Ancienne adresse vers nouvelle adresse directement, pas vers une adresse intermédiaire elle-même redirigée.
  • Une page supprimée sans équivalent renvoie vers la page la plus proche par le sujet, pas vers l’accueil.

Techniquement, c’est un fichier de règles ou un réglage chez l’hébergeur. Votre prestataire sait le faire en une heure. Ce qui prend du temps, c’est le tableau, et c’est vous qui avez les informations pour le remplir.

Main qui note dans un carnet ouvert sur un tabouret en bois, de quoi dresser la liste des anciennes et nouvelles adresses

Ce qu’il faut garder, ce qu’on peut changer

Une refonte n’oblige pas à tout conserver. Elle oblige à savoir ce qu’on change et pourquoi.

À garder à l’identique ou presque :

  • Les adresses des pages qui rankent.
  • Les titres de pages (balise title) et les titres H1 des pages qui apportent du trafic. Vous pourrez les améliorer plus tard, une fois la poussière retombée.
  • Le cœur des textes qui fonctionnent. On peut les compléter, pas les remplacer.
  • Les noms de vos villes et de vos métiers dans les titres : « couvreur à Brest », « plombier à Landerneau ».

À changer sans risque :

  • Le design, les couleurs, les photos.
  • La navigation, à condition que les pages importantes restent accessibles en un ou deux clics.
  • La vitesse et l’affichage sur téléphone, qui ne peuvent que s’améliorer.

Si votre site WordPress est simplement lourd, avant d’envisager une refonte. Et si vous cherchez un cadre local, détaille les étapes. Si vous hésitez entre refaire et repartir de zéro, quand refaire son site vous aide à trancher avant de lancer le chantier.

Le jour de la mise en ligne : les vérifications

Prévoyez la bascule un mardi ou un mercredi matin, pas un vendredi soir. Si quelque chose cloche, il faut pouvoir réagir en journée.

Dans l’heure qui suit la mise en ligne :

  1. Testez les redirections. Tapez dix anciennes adresses dans votre navigateur : chacune doit arriver sur la bonne nouvelle page.
  2. Vérifiez que le site est ouvert à Google. Pendant les tests, on bloque souvent les moteurs de recherche. Il faut lever ce blocage à la mise en ligne. Cherchez une case « décourager les moteurs de recherche » (sur WordPress) ou un fichier robots.txt qui contient Disallow: /.
  3. Contrôlez les titres et descriptions des pages importantes.
  4. Envoyez le nouveau plan du site (le sitemap) dans la Search Console.
  5. Testez le formulaire de contact et le numéro de téléphone cliquable sur mobile.
  6. Vérifiez les emails si l’hébergement a changé. Le sujet est traité dans changer de prestataire web sans couper son site ni ses emails.

Les 3 mois qui suivent : ce que vous devez surveiller

Même avec une refonte propre, comptez une période de turbulence. Google doit revisiter vos pages, comprendre les redirections, reclasser. Un petit recul de quelques semaines est normal. Une chute durable ne l’est pas.

Chaque semaine pendant le premier mois, regardez dans la Search Console :

  • Le rapport « Pages » : y a-t-il des erreurs 404 qui apparaissent ? Chacune est une redirection oubliée.
  • Les clics et impressions sur vos 10 pages principales. Une baisse de 10 à 20 % les deux premières semaines n’est pas alarmante. Une baisse de 50 % l’est.
  • Les pages « Détectées, non indexées » : si les nouvelles pages tardent à apparaître, redemandez l’indexation page par page.

Ça prend 6 mois pour retrouver un niveau stable après un gros changement, et celui qui vous dit le contraire vous ment. Pendant ce temps, ne changez pas tout une deuxième fois : chaque modification repousse l’échéance.

Et si la perte a déjà eu lieu ?

C’est rattrapable, surtout dans les premières semaines. La marche à suivre :

  1. Repérez dans la Search Console les anciennes adresses qui généraient du trafic et qui répondent maintenant en 404.
  2. Retrouvez ce qu’elles contenaient (Wayback Machine, sauvegarde de l’ancien site, ou votre ancien prestataire).
  3. Posez les redirections manquantes.
  4. Si une page importante a été supprimée, recréez-la, avec la même adresse.

Plus vous attendez, plus Google oublie. Après deux ou trois mois, il faut parfois reconstruire plutôt que rattraper.

Que doit vous dire votre prestataire avant la refonte ?

Posez trois questions avant de signer :

  • « Comment allez-vous conserver mes adresses et mes redirections ? »
  • « Qui fait l’inventaire des pages qui rankent, et quand ? »
  • « Que se passe-t-il si mon trafic baisse après la mise en ligne ? »

Un prestataire sérieux répond précisément. S’il vous dit « ne vous inquiétez pas, on s’occupe de tout » sans rien détailler, méfiez-vous. Un devis de refonte qui ne mentionne pas les redirections est un devis incomplet : montre ce qui doit y figurer. Pour les budgets, voir le prix d’une refonte de site internet.

Vous préparez une refonte et vous voulez qu’on regarde ensemble ce qui est à protéger ? Je fais cet inventaire avant tout devis, pour que vous sachiez ce que vous risquez avant de dépenser. Voir la refonte de site internet à Brest ou me contacter.

FAQ

Une refonte fait-elle toujours perdre du trafic ?

Non. Une refonte bien préparée conserve ses adresses, pose ses redirections et protège ses pages qui rankent. Une petite baisse temporaire de quelques semaines est courante, la perte durable vient d’une préparation absente.

Combien de temps pour retrouver mon trafic après une refonte ?

Quelques semaines si tout est propre, jusqu’à 6 mois pour un gros changement de structure. Si rien ne bouge après 3 mois, cherchez une cause précise : redirections manquantes, site bloqué aux moteurs, pages supprimées.

Faut-il garder les mêmes adresses de pages ?

Oui, quand elles sont correctes. Une adresse conservée n’a besoin d’aucune redirection, donc aucun risque de perte. On ne change une adresse que si elle est vraiment mauvaise, et dans ce cas on redirige l’ancienne vers la nouvelle.

Dois-je prévenir Google de la refonte ?

Pas besoin de « prévenir ». Envoyez simplement le nouveau sitemap dans la Search Console le jour de la mise en ligne, et vérifiez que le site n’est pas bloqué aux moteurs de recherche.