Avant une refonte, il faut récupérer sept choses : les accès, les textes, les photos, les statistiques, la liste des pages qui ressortent sur Google, les adresses email et les documents légaux. Je vais être honnête avec vous : la plupart des refontes qui tournent mal ne ratent pas à cause du nouveau design. Elles ratent parce qu’on a laissé disparaître, sans s’en apercevoir, des choses de l’ancien site.
Cette liste est faite pour être imprimée et cochée, avec un café, avant de signer quoi que ce soit.
Pourquoi tout se joue avant la refonte
Une fois le nouveau site en ligne, l’ancien disparaît, ou devient inaccessible. Si votre ancien prestataire a fermé, si le compte d’hébergement n’est plus à votre nom, ou si l’agence ne répond plus, ce qui n’a pas été sauvegardé est perdu.
Le plus fréquent : un artisan qui se rend compte, trois semaines après la mise en ligne, que sa page « Réalisations » avait ses meilleures photos, ou que l’adresse email professionnelle ne marche plus. Tout ça se prévoit en une heure, avant. Après, ça se rattrape mal, ou pas du tout.
1. Les accès : le nerf de la guerre
C’est la première ligne de la liste, parce que sans elle les autres sont bloquées. Notez, pour chacun, l’identifiant et à quel nom il est enregistré :
- Le nom de domaine (celui qui finit en .fr ou .com) : chez quel registrar, au nom de qui ?
- L’hébergement : chez quel hébergeur, et qui paie la facture ?
- L’administration du site (WordPress, Wix, autre) : un compte administrateur à votre nom, pas seulement celui de l’agence.
- Google : votre fiche Google, la Search Console, Analytics si vous en avez.
Si une de ces cases est au nom de quelqu’un d’autre, c’est une alerte. La question de savoir à qui appartient réellement votre site mérite un article à elle seule : .
2. Les textes
Même si vous comptez tout réécrire, gardez l’existant. Il contient souvent des choses que vous avez oubliées : la façon dont vous décrivez un métier, des mentions de communes, des détails techniques qui rassurent.
Copiez les textes de chaque page dans un document. Si le site est en panne ou verrouillé, la fonction « Enregistrer sous » du navigateur sauvegarde la page. Pas élégant, mais ça sauve.
3. Les photos et les documents
Les photos de chantiers sont ce qui vous a pris le plus de temps à produire. Récupérez-les en taille d’origine, pas les versions réduites du site. Si elles ne sont plus sur votre ordinateur, demandez-les à votre ancien prestataire par écrit, avec un délai.
Ajoutez à ça :
- le logo, dans son format d’origine (pas une capture d’écran) ;
- les PDF en téléchargement : plaquettes, tarifs, certificats ;
- les vidéos éventuelles et les photos d’équipe.
4. Les statistiques : votre mémoire de ce qui marche
Si vous avez un outil de mesure, exportez les chiffres des douze derniers mois : pages les plus visitées, provenance des visiteurs, appels et formulaires. Ça vous dit quelles pages marchent et méritent d’être gardées, et ça donnera un point de comparaison pour juger la refonte six mois plus tard. Sans point de départ, impossible de savoir si le nouveau site fait mieux.
Pas d’outil ? Pas grave. Passez à l’étape suivante, qui est gratuite.
5. Les positions Google : ce qui peut se perdre en une nuit
C’est l’étape que les gens sautent, et c’est celle qui coûte le plus cher. Si l’ancien site apparaît sur Google pour « couvreur Brest » ou « plombier Landerneau », c’est grâce à des pages précises, avec des adresses précises. Change l’adresse sans prévenir Google, et la page repart de zéro.
Ce qu’il faut noter :
- La liste des pages qui reçoivent des visites depuis Google (dans la Search Console, rubrique « Performances »).
- Pour chacune, la requête qui l’amène.
- L’adresse exacte de la page, à l’identique.
Cette liste servira à votre prestataire pour mettre en place des redirections, c’est-à-dire un panneau « on a déménagé » pour chaque ancienne page. Le détail se trouve dans . L’essentiel à retenir : une refonte sans cette liste, c’est un déménagement sans changement d’adresse à La Poste.
6. Les adresses email
Beaucoup d’artisans ont une adresse du type [email protected] liée à leur hébergement. Si l’hébergement change, l’email peut s’arrêter du jour au lendemain, avec les messages dedans.
Avant la bascule : sauvegardez les boîtes mail, demandez comment elles seront conservées, et vérifiez après la mise en ligne qu’un message envoyé arrive bien. Et si votre prestataire parle de « couper l’ancien hébergement », demandez ce qui arrive aux emails avant de dire oui.
7. Les mentions légales et les formulaires
Deux oublis fréquents :
- Les mentions légales : raison sociale, SIRET, adresse, hébergeur. Elles doivent être reprises et mises à jour (le nom de l’hébergeur change s’il change).
- Les formulaires : vers quelle adresse arrivent les demandes ? Testez-le vous-même après la refonte, en vous envoyant un message.
Et ensuite : mettre ça noir sur blanc
Une fois la liste cochée, transmettez-la à votre prestataire avec un cahier des charges d’une page. J’ai détaillé la méthode dans le cahier des charges d’un site d’artisan. Si vous hésitez encore entre refaire ou garder, lisez d’abord , et si votre site est lent à cause de son système, .
En résumé
| À récupérer | Pourquoi |
|---|---|
| Accès (domaine, hébergement, admin, Google) | Sans eux, tout est bloqué |
| Textes | Ils contiennent votre savoir-faire |
| Photos en taille d’origine | Les plus longues à reproduire |
| Statistiques 12 mois | Pour juger la refonte après coup |
| Pages qui ressortent sur Google | Éviter de repartir de zéro |
| Emails | Éviter une coupure silencieuse |
| Mentions légales et formulaires | Obligations et demandes clients |

Une heure passée sur cette liste vous évite des semaines à courir après ce qui manque. Si vous préférez la faire avec quelqu’un, c’est exactement ce que je fais en début de projet sur la page refonte de site internet à Brest : on fait l’inventaire ensemble, au téléphone ou autour d’un café, avant de toucher à quoi que ce soit. Le contact est ici, sans engagement.