Changer de prestataire site internet sans rien casser, c’est possible, à une condition : faire les choses dans le bon ordre. Le site peut basculer en une heure. Ce qui fait mal, ce sont les emails, qui peuvent s’arrêter trois jours si on touche au mauvais réglage au mauvais moment. Je vais être honnête avec vous : c’est la première chose que je vérifie quand je reprends un site, avant même de regarder le design.

Voici comment se passe une bascule propre, étape par étape, et où se cachent les pièges.

Ce qui bascule vraiment quand on change de prestataire

Un site internet tient sur quatre éléments, et ils n’appartiennent pas forcément à la même personne :

  • Le nom de domaine (votre adresse, du type votre-entreprise.fr), chez un registrar comme OVH, Gandi ou IONOS.
  • L’hébergement, c’est-à-dire l’endroit où les fichiers du site sont stockés.
  • Le site lui-même : les pages, les textes, les photos.
  • Les adresses email professionnelles, souvent rattachées au domaine ou à l’hébergement.

Changer de prestataire ne veut pas dire tout changer. Parfois seul le site bouge. Parfois l’hébergement aussi. Le domaine, lui, devrait rester chez vous, à votre nom. Si vous ne savez pas qui en est le titulaire, commencez par : tout le reste en dépend.

Avant de toucher à quoi que ce soit : l’état des lieux

Une heure d’inventaire évite une semaine de galère. Notez :

  1. Où est enregistré le domaine, et à quel nom.
  2. Où est hébergé le site, et qui détient les accès.
  3. Où sont hébergées les boîtes mail, et combien il y en a.
  4. Quelles pages ressortent sur Google (regardez dans la Search Console si vous y avez accès).
  5. Les identifiants de tous ces comptes.

Si l’ancien prestataire refuse de vous donner ces accès, ou ne répond plus, ce n’est pas la fin du monde. J’explique la marche à suivre dans comment récupérer son site auprès de son ancienne agence.

Le piège des emails coupés pendant trois jours

Voilà le scénario que je vois régulièrement. Le nouveau prestataire prépare le site, puis le jour de la mise en ligne, il change les « serveurs DNS » du domaine pour pointer vers le nouvel hébergement. Le site s’affiche. Tout le monde est content.

Sauf que les adresses email étaient hébergées chez l’ancien prestataire, et que les réglages qui les faisaient fonctionner (les enregistrements dits MX) étaient stockés avec l’ancienne configuration. Résultat : les mails envoyés à [email protected] n’arrivent plus nulle part. Entre la propagation des changements et le temps de s’en apercevoir, il peut s’écouler deux ou trois jours. Un devis demandé par un client, un message d’un fournisseur : perdu, ou renvoyé à l’expéditeur avec une erreur.

Pour un artisan dont le téléphone sonne peu mais dont les devis arrivent par mail, c’est le pire moment possible.

Comment l’éviter

  • Avant la bascule, demandez la liste complète des réglages DNS actuels (une simple capture d’écran suffit).
  • Recréez à l’identique les enregistrements MX et autres réglages mail dans la nouvelle configuration, avant de basculer.
  • Si les boîtes mail doivent changer d’hébergeur, créez-les d’abord au nouvel endroit, puis copiez les anciens messages, puis seulement ensuite basculez.
  • Testez : envoyez-vous un mail depuis une adresse extérieure (Gmail par exemple) le jour J et le lendemain.

Le sujet mérite un guide à part, que vous retrouverez dans l’article sur .

Ordinateur portable, bloc à spirale et tasse de café sur un bureau en bois, de quoi préparer l'inventaire avant la bascule

La bascule du site, dans le bon ordre

Voici la séquence que je suis, et celle que doit suivre n’importe quel prestataire sérieux.

  1. Le nouveau site est construit à côté, sur une adresse de test. L’ancien reste en ligne et continue de recevoir vos visiteurs.
  2. On vérifie le contenu. Textes, photos, formulaire de contact, mentions légales, numéro de téléphone.
  3. On prépare les redirections. Chaque ancienne page importante doit renvoyer vers sa nouvelle version. Sans cela, Google considère que vos pages ont disparu. Si vous refondez en même temps, demande une attention particulière.
  4. On reproduit les réglages mail (voir plus haut).
  5. On choisit le bon moment. Un mardi matin plutôt qu’un vendredi à 17 heures. Si quelque chose cloche, il faut que quelqu’un puisse réagir.
  6. On bascule. Changement des DNS ou du pointage du domaine.
  7. On vérifie dans les 24 heures : le site s’affiche, le formulaire envoie bien un message, les mails arrivent, le certificat de sécurité (le petit cadenas) est actif.

Comptez entre quelques minutes et 48 heures pour que le changement soit visible partout. C’est normal, et c’est pourquoi on garde l’ancien site actif pendant cette période.

Combien de temps ça prend, et combien ça coûte

Pour un site vitrine de quelques pages, la bascule technique elle-même tient en une demi-journée de travail. L’ensemble, avec l’inventaire, les tests et les redirections, se fait en une à deux semaines selon la réactivité de l’ancien prestataire.

Sur le prix : une migration seule, sans refonte, est un travail ponctuel. Elle ne devrait pas vous engager sur un abonnement. Si vous partez de zéro avec un nouveau site, comparez avec la création d’un site vitrine à Brest, tarifs affichés, et sachez ce que contient chaque ligne.

Et le contrat avec l’ancien prestataire ?

Ne coupez rien avant d’avoir relu votre contrat. Certains prévoient un préavis, une durée minimale ou des frais de sortie. Résilier trop tôt peut vous faire perdre l’hébergement avant que le nouveau site soit prêt, et résilier trop tard peut vous faire payer des mois en trop.

La règle simple : le nouveau site est en ligne et vérifié, les mails fonctionnent, et seulement ensuite on envoie la résiliation. Les modalités, les délais et les courriers types sont détaillés dans .

Les erreurs que je vois le plus souvent

  • Résilier l’hébergement avant d’avoir sauvegardé le site.
  • Laisser expirer le domaine pendant le changement : il est alors à vendre pour tout le monde.
  • Oublier le certificat de sécurité, qui fait afficher « site non sécurisé » aux visiteurs.
  • Ne pas rediriger les anciennes URL et perdre ses positions sur Google.
  • Ne pas tester le formulaire de contact. Il s’affiche, il a l’air de marcher, mais les messages n’arrivent plus.

En résumé

  • Faites l’inventaire : domaine, hébergement, mails, accès.
  • Le domaine doit être à votre nom, quoi qu’il arrive.
  • Recréez les réglages mail avant de basculer, jamais après.
  • Construisez le nouveau site à côté, l’ancien reste en ligne jusqu’au bout.
  • Résiliez en dernier, une fois que tout est vérifié.

Vous avez un site existant et vous hésitez à changer ? Parlons-en : c’est justement le genre de situation où un interlocuteur unique évite que chacun se renvoie la balle.